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Articles: Le foot et « le royaume de l’argent facile » |
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 S’il existe des idées reçues, en voici une qui à la vie dure : la Bourse serait un endroit où l’argent coule à flot et où il serait facile, et à première vue tentant, d’y mettre la main pour empocher quelques millions d’euros. A priori aucun rapport ! Mais certains présidents de club (et sûrement des banquiers, mais eux on comprend mieux pourquoi) ont eu l’idée rocambolesque d’y introduire leur club. On peut penser que cette intention fait suite à l’inflation du montant des transferts de joueurs et surtout de leur salaire. En France, on parle de l’introduction en bourse comme d’un pallier nécessaire pour exister en Europe. Pourtant des clubs comme Newcastle, l’AS Roma ou à un moindre degré le Borussia Dortmund n’ont jamais été à la hauteur de leurs prétentions en Europe, et ce malgré leur introduction. Le Borussia a certes gagné la LDC en 1997 mais depuis plus rien de bien impressionnant. La seule équipe apte à réussir son passage boursier reste « Man Yoo », longtemps facilitée par le manque de concurrents susceptible de lui ravir le titre national : 8 titres de champion sur 13 depuis son introduction en 1991, rien que ça. De nombreux contre-exemples existent à l’instar du Bayern de Munich, souvent en haut de l’affiche sans pour autant être côté, tout comme le Real de Madrid ou le Milan A.C... Même si ces derniers peuvent passer pour des cas particuliers.Certains présidents de clubs y voyaient la fin de leur problème. Pas de bol, ce n’est que le commencement ! En effet, les clubs de foot se distinguent assez facilement d’une entreprise. Premièrement, un club peut s’assimiler à une entreprise qui ne produirait qu’un seul produit sur quatre marchés différents (pour autant de compétitions possibles en Europe, soit le championnat, la coupe de la ligue, la coupe nationale et la coupe d’Europe). Deuxièmement, ce produit serait constitué à partir d’une vingtaine de matières premières (les joueurs), dont la qualité est aussi prévisible et changeante que la météo en montagne. Troisièmement, ces sources de revenus sont extrêmement sensibles aux résultats sportifs (la billetterie, les droits TV, les sponsors et le marchandising). Quand on sait que les résultats sportifs sont pour le moins aléatoires, on peut avoir peur pour le chiffre d’affaires, dont la diversification est quasi nulle (saluons sur ce point les effort consentis par l’O.L.). A raison, on peut se demander à quel niveau serait le cours actuel de l’OM … En outre, autant prévoir le chiffre d’affaires d’une entreprise sur 3 années sans trop se tromper est possible, autant pour un club de foot cela relève du défi. Se voir priver de la fructueuse LDC, ou s’en faire éliminer prématurément suite à une contre-performance d’un soir, que l’on peut partiellement comparer à la perte d’un contrat juteux pour une entreprise, peut s’avérer catastrophique. Plus fâcheux, la perte d’un contrat peut s’expliquer simplement, les diverses éliminations de Lyon en LDC moins, alors les prévoir ! Dans un tel brouillard, comment peut on estimer correctement un objectif de cours, pour l’action d'une entreprise ? Cette incertitude renforcerait les variations de son cours, déjà importantes en temps normal. De plus, les firmes sont caractérisées par une certaine régularité, au moins dans le processus productif (sauf celles promettant une forte rentabilité, ce qui n’est pas le cas des clubs de foot). Par contre, la remise en cause est perpétuelle dans le sport, comme le risque de perdre : chaque année tout est remis en question. Pire, on explique souvent les bonnes performances d’un joueur par « la réussite », donc la chance, mais dans l’entreprise elle n’a pas sa place. Bref, et contrairement à ce que beaucoup pensent, un club de foot n’est pas une entreprise comme les autres, elle garde ses spécificités. Il n’est donc pas possible de lui apposer les méthodes basiques pour lever des fonds. Comme toutes les règles ne sont pas parfaites, il existe une exception : Man Yoo. Les solutions réalistes pour les clubs Français peuvent être une plus grande autonomie dans la gestion des droits TV, dans la propriété de leur stade afin d’en tirer le maximum ou dans une diversification du chiffre d’affaires (attention à ne pas verser dans le n’importe quoi) mais le « royaume de la perte facile », sûrement pas !
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Transmis par: Waouub
actif Mardi, 30 Décembre 2003 @ 11:32
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