
Y’a des journées comme ça… Des journées qui ne semblent pas compter… Des journées pour grand-chose ou presque rien… Des journées où chacun n’a qu’une seule obsession : celle de ne pas perdre sa place. Rien d’autre. Les yeux rivés sur le tableau du classement, le moindre but sur un autre terrain devient une catastrophe et sème la panique…. L’on voit alors les coachs se prendre la tête, sortir des cordes ou des arquebuses inconnues, se répandre dans des sanglots apoplectiques, pendant que les intermittents du reste des staffs dans un même mouvement chorégraphique sortent leurs calculettes et tapotent de leurs doigts fiévreux les minuscules claviers… Pour pousser de profonds soupirs de soulagement en constatant… Que la place si chèrement acquise est conservée…
Du coup, faut ranimer les coachs, leur faire respirer les sels en les rassurant, les maternant, leur chanter les vieilles contines que leur maman leur chantait quand ils avaient de grosses peurs en les coinçant entre leurs seins… Ah !!! Sentir l’odeur et la caresse des seins de maman….
Le football marchand rend con et infantile… L’enjeu paralyse les audaces et transforment les joueurs en petites statues de sel… Du coup, les coachs aux nerfs fragiles bétonnent que plus, renforcent si on le pouvait encore les dispositifs défensifs… On verra bientôt les dix joueurs de champ se tenir la main ou mieux s’attacher pour empêcher les adversaires de passer… Une espèce de babyfoot à une tringle : celle du gardien devenue inutile et celle des dix joueurs restants…. Une espèce de mur humain, impassable…
Encore faudrait il que l’équipe d’en face en ait la volonté, l’envie…. Sauf à posséder une équipe de kangourou… Enfin quoi de types capables de passer par-dessus, tu en sors pas….
A la sortie, c’est un curieux spectacle, une chorégraphie immobile, figée, faite de faux déplacements, de fausses velléités offensives, de courses simulées et inutiles, d’engagements feints, sans blessure, sans tacles appuyés, sans besoin d’équipe médicale…. Un spectacle de mimes de quatre vingt dix minutes…. Où chacun cherche à ne surtout pas perdre…. Et où finalement personne ne gagne…. Un football poli, fait « d’après vous je n’en ferai rien »…. Un football light, un football printanier, de fin de saison…. Un football d’arithmétiques… Ça calcule, ça gamberge, mais pas à haut niveau, faut quand même pas exagérer… Pas de courbe, d’intégrales ou de fonctions hyperboliques… Des mathématiques d’épiciers, le crayon sur l’oreille, avec des additions et des soustractions sur la feuille…. Pour évaluer les risques… De descente, de Champion’s League, de maintien… Tout les prétextes sont bons… Partout, le trouillomètre à zéro de voir toute une saison remise en cause…. Pas d’audacieux ou d’aventuriers sur le terrain…. Pas de poètes ou de penseurs sur les bancs…. Eradiqués, éliminés, disparus, les hors de la norme… Juste des pantins, des marionnettes colorées qui semblent s’agiter…. Histoire de faire plaisir aux sponsors…
Le bilan forcément sans ressent…. Bien maigre…. 4 buts en 8 rencontres…. Ça donne envie…. Ça encourage à dépenser ses maigres euros pour payer sa place ou son abonnement télé à la chaîne à péage… Ça vaut le coup de risquer le divorce à chaque journée de championnat… De risquer la tôle pour avoir frappé sa femme et ses gosses pour qu’il nous laisse la télé…. Ah !!! Ben oui, faut s’informer, lire les journaux, les gars… Frapper la progéniture c’est devenu un délit… Ah !!! Ben, on est en plein Moyen Age…. Pas partout…. Y’a quelques pays éclairés du Moyen Orient qui tiennent encore le coup….
Plus que six journées à tenir…. Ce championnat ressemble à ces mauvais films ou ces mauvais spectacles, où l’on s’ennuie ferme… Où on s’est laissé entraîner par une copine de passage par faiblesse, par lâcheté ou pour un vague projet cul…. On se languit la fin, d’être au pieu… On lutte pour pas s’endormir, pour pas que ça voit… On cache les bâillements… Mais en sortant, pour pas décevoir, pour pas brusquer les évènements, on avoue toujours que c’était super bien (J’insiste sur le super…)… Qu’elle a bien fait d’insister…. Qu’on a pas tout bien compris, qu’il faudrait prendre le temps d’en parler autour d’un verre, qu’elle nous explique à la maison ces aspects obscurs…. Au moment, d’emballer, où tu dessapes la belle, tu t’aperçois qu’elle en a une plus grosse que la tienne et tu viens de te souvenir soudainement que t’es en rupture de vaseline….. Alors, tu fermes les yeux…. Tu penses à la grosse bassine que t’as bien fait d’acheter au Casino du coin… Et à la douceur des huit jours de bains de siège que tu prendras pour calmer ton irritation anale….
Le sens du sacrifice… !
Chibani84 !!
333 lectures
Transmis par: chipos
actif Dimanche, 15 Avril 2007 @ 14:25