
Côté boissons, vingt quatre bières d’Affligem, rien à voir avec l’urine des Tourtel ou des Kro, une bouteille d’Old Virginia que j’allais déguster à l’eau. Côté produit illicite, deux bonnes barrettes de la dernière libanaise qui avait échappé au Hezbollah, deux paquets de Rizla avant la prochaine taxation et la boîte métallique bourrée de cette bonne herbe du jardin qui rend fou les limiers de la Gendarmerie du coin. Le frigo chargé de diverses provisions de bouche. Mon fauteuil préféré. Le chat dehors, le chien dans le garage, les mômes chez la belle mère et ma femme chez un ou une de ces amant(e)s. Jusqu’au hamster avec sa roue qui rend fou que j’avais expédié au fin fond du grenier.
La tranquillité, la sérénité ont un prix et pour une fois, j’avais réglé la note. J’étais tout à mes interrogations, mes doutes. C’est que l’O.M. ne fait rien comme les autres. Ce club écrit sa légende à travers d’immenses succès, de soirées épiques… Mais aussi, malheureusement quelque fois, à travers des soirées cauchemardesques comme celle du mardi 18 mars 2008. Une date que l’on est pas prêt d’oublier mais que l’on taira comme un lourd secret de famille. Une soirée noire où nos professionnels à l’égo enflant ont reçu une bonne leçon d’humilité par des peintres et des chômeurs, une soirée où nos starlettes venues exercer machinalement, mécaniquement leur travail ont découvert la joie désintéressée de tout simplement prendre du plaisir à jouer au football. Comment les olympiens allaient se remettre de la soirée de mardi ? Surmonter cette humiliation, cette honte ? Combien de buts marseillais pour effacer cette tâche ? Les sochaliens étaient promis au martyre, au sacrifice….
Mais putain de putain, de nom de Dieu de nom de Dieu !!! Je sais pas vous, mais mon poste….. Cette saleté japono-chinoise diffusait un match bien sûr. Mais c’était encore celui de mardi. Comme s’il était bloqué au 18 mars… Le même match avec encore un but vers la septième minute... Marqué par un joueur encore black au pas de danse improbable… Avec encore la même absence, la même somnolence de notre charnière centrale…. Un grand coup de latte dans le côté droit de mon téléviseur pour lui rappeler le calendrier à ce con… Lui remettre en mémoire qu’on était samedi et plus mardi et que ça suffisait….
Mais rien à faire, cette saleté de boîte noire et son électronique asiatique voulaient rien savoir et continuaient à me renvoyer les images de ces mêmes centres akalesques pour n’importe où, pour n’importe qui, dangereux seulement pour les volatiles qui s’aventurent dans le ciel du côté du but sochalien….
Les mêmes ratés à trois mètres des buts de notre joueur à la coiffure décolorée….
La même paresse, la même impuissance, la même absence du soi disant génie des quartiers nord, censé nous faire oublier, remplacer l’autre génie, le vrai qui avait arrêté sa carrière sur un coup de tête….
J’ai vérifié auprès du Centre de Physique des Particules de Marseille qui m’a confirmé qu’aucun dysfonctionnement du continuum de l’espace temps n’avait été détecté du côté du Parc Chanot… Ça se poursuivait toujours….Comme une torture intemporelle… Une vengeance venue d’un univers parallèle…
Toujours les mêmes grands ballons adressés pour on se demande qui par l’inénarrable Taïwo, qui rêve déjà du championnat anglais, un pays où ils roulent à gauche et où il va falloir baisser la tête derrière le but adverse…
Les mêmes loupés de Grandin face au gardien pour une égalisation tant espérée mais qui finalement ne viendra jamais….
Un jeu affligeant où les seules occasions viendront paradoxalement des milieux défensifs comme mardi…. Les milieux défensifs transformés en milieux offensifs pendant que nos attaquants finissent leur sieste, à la recherche de gestes basiques justes.... Perdus, égarés, se déplaçant confusément, sans logique, dans une errance interminable, un égarement éternel…. Des particules orphelines dans une soupe atomique de confusion…. La formule secrète avec un milieu renforcé, ne fonctionne pas…. Continuer dans cet entêtement serait mortifère…. Le même entêtement qui nous coûtera l’absence de Valbuena pour plusieurs semaines…. Aligné sans être remis de sa blessure…. Le voilà à présent blessé sérieusement….. Finalement, le seul signe patent qu’on a pas assisté à la même soirée, c’est l’absence d’empoignade à la mi-temps…. Dommage, le torchon sportif français n’aura pas de nouveau scoop, de sujet accrocheur pour doper ses ventes toujours à la baisse…. Par contre, pour ce qui concerne les mises à pied, j’ai quelques noms en réserve…. J’ai même une liste à proposer…. Anonymement bien sûr… Un savant mélange de courage et de discrétion… Un vieux truc de famille, légué par mon grand-père qui a testé la démarche pendant l’Occupation avant de devenir résistant comme tant d’autres vers avril 44…..
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Transmis par: chipos
actif Dimanche, 23 Mars 2008 @ 16:58